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RAPPORT G1 PGC20 mai 2026· 5 min de lecture

G1 ou G2 : comprendre la différence entre les missions géotechniques

G1 identifie les risques, G2 dimensionne les ouvrages. Qui commande quoi, à quel moment, et pourquoi confondre les deux missions expose à des erreurs coûteuses. Le point complet selon la norme NF P 94-500.

Par l'équipe Solpilot · Experts en automatisation géotechnique

« On a déjà fait l'étude de sol, pourquoi en refaire une ? » La question revient souvent côté client. Et la réponse tient à une confusion fréquente : une mission G1 et une mission G2 ne répondent pas à la même question, n'interviennent pas au même moment, et n'engagent pas la même responsabilité.

Comprendre cette distinction, c'est éviter de vendre la mauvaise mission — ou de laisser un client construire sur une étude qui n'était pas faite pour ça.


La logique d'ensemble : de l'aléa au dimensionnement

La norme NF P 94-500 organise les missions géotechniques selon les phases d'un projet. Deux d'entre elles structurent toute la phase amont :

  • G1 — Étude géotechnique préalable : elle identifie les aléas du site et pose les principes généraux. Elle ne dimensionne rien.
  • G2 — Étude géotechnique de conception : elle dimensionne les ouvrages géotechniques à partir d'un projet défini.

Autrement dit : la G1 répond à « qu'est-ce qu'il y a sous ce terrain et à quoi faut-il faire attention ? », la G2 répond à « comment fonde-t-on précisément ce bâtiment-là ? ».


La mission G1 en détail

La mission G1 se réalise avant que le projet ne soit défini, voire avant même qu'il existe. Elle se décline en deux phases :

G1 ES — Étude de Site

Reconnaissance du site et identification des aléas géotechniques majeurs, à partir des données existantes et d'une première approche de terrain. C'est la mission exigée par la loi ELAN lors de la vente d'un terrain constructible en zone de retrait-gonflement des argiles moyen à fort.

G1 PGC — Principes Généraux de Construction

À partir des conclusions de la G1 ES, elle formule les premiers principes de construction : hypothèses géotechniques préliminaires, principes de fondation, dispositions vis-à-vis des aléas. Elle propose généralement un programme d'investigations pour la G2.

Point clé : aucune phase de la G1 ne fournit de valeurs de calcul exploitables pour dimensionner une fondation. Construire sur la seule base d'une G1 est une erreur.


La mission G2 en détail

La mission G2 intervient une fois le projet connu (implantation, descente de charges, type d'ouvrage). Elle s'appuie sur une campagne de reconnaissance adaptée — sondages, essais pressiométriques ou pénétrométriques, essais en laboratoire — et se décline en trois phases :

| Phase | Objet | |-------|-------| | G2 AVP | Étude géotechnique d'avant-projet : hypothèses, principes de fondation, premières valeurs | | G2 PRO | Étude de projet : dimensionnement des ouvrages géotechniques, dispositions constructives | | G2 DCE / ACT | Assistance à l'établissement des contrats de travaux |

C'est la G2 AVP qui doit être annexée au contrat de construction de maison individuelle (CCMI) lorsque le terrain a fait l'objet d'une G1 au titre de la loi ELAN.


G1 vs G2 : le tableau comparatif

| Critère | Mission G1 | Mission G2 | |---------|-----------|-----------| | Question posée | Quels aléas sur ce site ? | Comment fonder ce projet précis ? | | Moment | Avant le projet | Projet défini | | Dimensionnement | Non | Oui | | Investigations | Données existantes + première approche | Campagne dédiée (sondages, essais) | | Livrable | Identification des risques + principes | Valeurs de calcul + dispositions | | Qui la commande ? | Vendeur, maître d'ouvrage | Maître d'ouvrage, constructeur |


Les confusions les plus fréquentes

« La G1 suffit pour construire. » Non. La G1 oriente, elle ne dimensionne pas. Un CCMI sur la base d'une seule G1 est exposé.

« G1 ES = G1 PGC. » Non. La G1 ES a une portée réduite (aléa RGA) ; la G1 PGC couvre l'ensemble du contexte géotechnique. C'est pour cette raison que beaucoup de bureaux d'études réalisent directement une G1 PGC.

« Une étude de sol, c'est une étude de sol. » L'expression « étude de sol » n'a pas de définition normative. Dans un devis ou un rapport, il faut toujours préciser la mission exacte au sens de la NF P 94-500.


Ce que les bureaux d'études doivent retenir

  1. Nommer précisément la mission dans chaque devis et chaque rapport : G1 ES, G1 PGC, G2 AVP… L'imprécision est une source de litige.
  2. Expliquer la limite de la G1 au client : c'est souvent ce qui justifie l'enchaînement vers une G2.
  3. Anticiper la G2 dès la G1 PGC en proposant le programme d'investigations — c'est à la fois une bonne pratique normative et une continuité commerciale.

Conclusion

La distinction G1 / G2 n'est pas une subtilité administrative : elle conditionne la responsabilité du bureau d'études et la sécurité de l'ouvrage. La G1 cadre, la G2 dimensionne.

La phase G1, justement parce qu'elle repose largement sur la collecte de données réglementaires et géologiques existantes, se prête particulièrement bien à l'automatisation. C'est l'objet de Solpilot : produire un rapport G1 PGC conforme en quelques minutes, pour laisser le temps d'expertise là où il compte vraiment.


Pour aller plus loin : Comment rédiger un rapport G1 PGC conforme NF P 94-500 · Loi ELAN : les missions obligatoires · Glossaire géotechnique

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