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RAPPORT G1 PGC12 mai 2026· 7 min de lecture

Automatiser la rédaction de rapports géotechniques G1 : gain de temps réel ou gadget ?

Un rapport G1 PGC prend en moyenne 4 à 6 heures à produire. L'automatisation de la collecte et de la mise en forme peut ramener ça à moins d'une heure. On fait le point sur ce qui peut vraiment être automatisé et ce qui ne le peut pas.

Par l'équipe Solpilot · Experts en automatisation géotechnique

Quand on parle d'automatiser un rapport géotechnique, la réaction est souvent sceptique : « La géotechnique, c'est pas une science exacte. Chaque site est différent. On ne peut pas industrialiser ça. »

Ce scepticisme est partiellement justifié — et partiellement faux. Voilà ce qu'on peut vraiment automatiser, et ce qui restera toujours une affaire de jugement professionnel.

Collecte manuelle vs automatisée — gain de temps sur un rapport G1 PGC


Combien de temps prend vraiment un rapport G1 PGC ?

Avant de parler d'automatisation, posons les chiffres. Sur un rapport G1 PGC pour une maison individuelle en zone RGA, voici une décomposition réaliste du temps passé :

| Tâche | Temps moyen | |-------|-------------| | Collecte RGA, sismicité (Géorisques) | 15–20 min | | Recherche géologie (Infoterre/BRGM) | 20–30 min | | Consultation BSS, hydrogéologie | 10–15 min | | Recherche sites pollués (BASIAS/BASOL) | 10–15 min | | Topographie et contexte IGN | 10–15 min | | Mise en forme des données dans le rapport | 30–45 min | | Analyse, synthèse des aléas, prescriptions | 45–60 min | | Relecture, cartographie, mise en page finale | 20–30 min | | Total | 2h30 – 4h30 |

Les deux premières heures — collecte et mise en forme — sont répétitives, manuelles et identiques pour chaque projet. C'est exactement ce que l'automatisation peut prendre en charge.

L'analyse, la synthèse et les prescriptions représentent la valeur ajoutée réelle du géotechnicien. C'est ce qui ne peut pas être automatisé sans perte de qualité.


Ce qui peut être automatisé

1. La collecte des données publiques

Géorisques, Infoterre, BSS, IGN, BASIAS — toutes ces bases sont accessibles via des APIs publiques. Pour un projet donné (une adresse), les requêtes sont systématiques et identiques :

  • Niveau d'aléa RGA → Géorisques
  • Zone sismique → base réglementaire
  • Carte géologique 1/50 000 → BRGM WMS
  • Sondages existants à proximité → BSS
  • Anciens sites industriels → BASIAS/BASOL
  • Contexte IGN → Géoportail

Ces 6 à 8 requêtes prennent 15 secondes si on les automatise. Elles prennent 1h30 si on les fait manuellement.

2. La mise en forme structurée

Un rapport G1 PGC a une structure normée (NF P 94-500). Les sections sont toujours les mêmes :

  • Contexte réglementaire
  • Présentation du projet
  • Contexte géologique régional
  • Aléas naturels (RGA, sismicité, cavités, inondation...)
  • Risques technologiques
  • Synthèse des aléas
  • Principes généraux de construction
  • Programme G2 proposé

Pré-remplir cette structure avec les données collectées — textes réglementaires standards, tableaux, cartes localisées — est entièrement automatisable.

3. La cartographie de localisation

Générer automatiquement une carte de localisation du site sur fond topographique et géologique, avec les données de risques superposées, est techniquement possible et répétable.


Ce qui ne peut pas être automatisé

L'analyse géotechnique

Un algorithme peut vous dire qu'un site est en aléa RGA fort. Il ne peut pas :

  • Nuancer cet aléa au regard de la géologie locale réelle (est-ce que les argiles sont vraiment présentes sous l'emprise du projet ?)
  • Identifier des anomalies (une dépression topographique qui suggère une ancienne carrière, une végétation qui indique une nappe superficielle)
  • Corréler des données contradictoires (carte géologique vs sondages BSS vs topographie)

Les prescriptions constructives adaptées

Les prescriptions standard (chaînage, fondations profondes, distance aux végétaux) peuvent être suggérées automatiquement. Mais un géotechnicien expérimenté peut les adapter, les renforcer ou les nuancer selon le contexte spécifique du projet.

Le jugement sur l'incertitude

Un rapport G1 PGC honnête mentionne ses limites : « Les données documentaires ne permettent pas d'exclure la présence de remblais sous l'emprise du projet ; une investigation G2 incluant des sondages mécaniques est recommandée. » Cette appréciation de l'incertitude relève du jugement professionnel.


Le bon modèle : l'automatisation au service du géotechnicien

L'automatisation n'est pas là pour remplacer le géotechnicien. Elle est là pour lui restituer du temps sur les tâches à valeur ajoutée.

Le modèle optimal ressemble à ceci :

  1. Le géotechnicien saisit l'adresse du projet — 30 secondes
  2. L'outil collecte et met en forme automatiquement — 5 à 10 minutes
  3. Le géotechnicien récupère un rapport pré-rempli, avec toutes les données officielles intégrées et sourcées
  4. Il analyse, ajuste, complète les sections qui requièrent son expertise — 1 à 2 heures
  5. Il valide et signe le rapport final

Résultat : un rapport G1 PGC de qualité en 1h30 à 2h30 au lieu de 3h à 5h. Sur 10 rapports par mois, c'est 15 à 25 heures récupérées — soit environ 2 à 3 jours/homme.


L'impact économique concret

Pour un bureau d'études géotechniques qui facture des missions G1 PGC :

  • Coût moyen d'une mission G1 PGC maison individuelle : 400 à 600 € HT
  • Temps passé actuel : 3 à 5 heures
  • Coût horaire chargé (ingénieur/technicien) : 50 à 80 €/h
  • Marge actuelle sur G1 : souvent faible ou négative quand on intègre le temps commercial et administratif

Avec automatisation :

  • Temps réduit à 1,5 à 2,5 heures
  • Marge nettement améliorée ou capacité à baisser les honoraires pour gagner en volume

Les bureaux qui automatisent leur production G1 peuvent soit augmenter leur rentabilité, soit proposer des tarifs compétitifs tout en maintenant leurs marges — un avantage concurrentiel direct.


Ce qu'il faut vérifier avant d'adopter un outil

Si vous évaluez un logiciel de génération automatique de rapports G1, posez ces questions :

Sur les données :

  • Les sources sont-elles officielles et traçables (Géorisques, BRGM, IGN) ?
  • Les données sont-elles récupérées en temps réel ou en cache ?
  • Le rapport mentionne-t-il la date de chaque consultation ?

Sur la conformité :

  • Le rapport généré est-il structuré selon NF P 94-500 ?
  • Les prescriptions RGA sont-elles cohérentes avec le niveau d'aléa ?
  • Le programme G2 proposé est-il argumenté ?

Sur la propriété et la responsabilité :

  • À qui appartient le rapport généré ?
  • L'outil est-il clair sur le fait que le rapport doit être validé et signé par un géotechnicien qualifié ?

Conclusion

Automatiser un rapport géotechnique G1 PGC, c'est possible — et c'est utile. La condition est de bien distinguer ce qui peut l'être (collecte, mise en forme, cartographie) de ce qui ne peut pas l'être (analyse, jugement professionnel, prescriptions nuancées).

Les outils qui prétendent automatiser l'intégralité d'un rapport géotechnique sans intervention humaine sont soit dangereux, soit limités à des cas très simples. Les outils qui automatisent la partie documentaire pour laisser le géotechnicien se concentrer sur l'essentiel — c'est là que le gain de temps est réel et la qualité préservée.

C'est l'approche de Solpilot : 16 APIs publiques · 7 plateformes officielles, collecte automatisée, rapport pré-structuré — et vous, pour l'analyse.


Pour aller plus loin : Comment rédiger un rapport G1 PGC conforme NF P 94-500 · G1 ou G2 : comprendre la différence · RGA 2026 : ce qui change pour vos missions G1 · Glossaire géotechnique

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